La merveilleuse catastrophe #covid-19

La merveilleuse catastrophe #covid-19

 

Il était une fois la planète Terre.

Sur cette planète, les hommes ont si longtemps couru à droite et à gauche, chacun de leur côté, qu’ils ne pensaient jamais à rentrer véritablement chez eux. Comme ils respiraient sans effort et que le soleil se levait chaque matin, ils pensaient que tout leur était dû. Pourtant, un jour, surgit la foudre et chacun dû rentrer chez lui. Certains parlaient de châtiment divin, d’autres évoquaient la théorie du complot. Quelques hyper-sensibles, d’un naturel lucide, s’interrogeaient sur leur propre responsabilité. Dans tous les cas, la situation demanda à chacun de s’adapter. Dans l’urgence.

Confiné dans un foyer avec Carl Gustave Jung, un élève demanda : « Et maintenant, que va-t-il se passer ? »

Conscient de la souffrance de l’homme depuis 1916, C.G Jung essaya de l’éclairer en espérant qu’il comprenne le message. C’est ainsi que commença l’apprentissage…

Il y a dans le Tarot de Marseille, l’Arcane XVI. C’est la Maison dieu.

On y voit deux personnages tombés d’une tour qui s’effondre. Ils sont expulsés de leur tout d’ivoire, la tête vers le bas. Dans leur chute, ils sont obligés de regarder le monde à l’envers. Cela les contraint, un court instant, à changer de perspective.

Cette carte fait souvent peur dans un tirage. On y pressent la fin, la rupture, l’effondrement.

Loin du châtiment, l’effondrement de la tour peut aussi être regardé comme une merveilleuse catastrophe.

Elle est un symbole à multiples facettes.

La Maison dieu symbolise une solution à un problème, l’occasion de regarder les choses en face, de passer de la séparation au rassemblement, de la division à l’individuation.

L’individuation est le chemin que parcourt l’homme pour trouver, à l’intérieur de lui-même, ce qui va le rendre le plus accompli et le plus autonome possible.

C’est le Graal que nous cherchons tous en vain à l’extérieur de nous. Ce chemin est le seul qui permet à un être humain de devenir « une personnalité unique, un homme total ».

Dans cette période de confinement, voici donc venue l’heure de nous re-trouver enfin.

Mais comment se re-trouver quand on s’est perdu depuis si longtemps ?

Cette question pourrait donner lieu à tout un développement philosophique, spirituel, quantique même… Mais allons à l’essentiel et disons qu’il suffit de se tourner vers le centre de soi.

Pour trouver ce centre, tu peux commencer par fermer les yeux un instant, respirer profondément et te laisser glisser vers l’endroit que ton corps ressenti comme le plus fort et la plus solide. Celui sur lequel tu vas pouvoir te réfugier. Celui contre lequel tu vas pouvoir t’appuyer. Celui dans lequel tu vas pouvoir te ressourcer et te renouveler. Car une crise nous demande de nous renouveler, n’est-ce pas ?

On dit qu’avant les crises et les chutes, il y a toujours des avertissements.
Ces avertissements sont autant de couloirs obscurs que nous redoutons de traverser. Anxiété, dépression, burn-out, catastrophes naturelles, attentats, guerres intestines, que ce soit sur un plan individuel ou collectif, combien d’occasions avons-nous ratées de regarder les choses en face ?

Au lieu de cela, nous avons continué à succomber aux tentations qui nourrissent nos dépendances : consommations excessives, addictions, compulsions, que nous tentons de réguler avec toutes sortes de drogues et de psychotropes. Pendant que les pays se font la guerre, chacun individuellement, nous nous faisons la guerre et nous sommes cassés de tous les côtés. On se fait du mal et on se répare comme on peut : un morceau de scotch par ici, un gros pansement par là.

On roule en 4×4, nos téléphones valent une petite fortune, on rêve d’une paire de Louboutin, mais la réalité c’est qu’à l’intérieur, dans la structure même de la psyché, nous sommes tous troués de partout.

Nous avons beau savoir que nous nous égarons, la plupart d’entre nous persiste à avancer sur le mauvais chemin.

Les crises viennent alors nous mettre des bâtons dans les roues. Elles viennent nous chercher là où nous avons besoin d’évoluer. Elles font exploser les couples, les relations, les nations… On croit souvent qu’un petit changement suffira, mais dans la réalité, faire un nouveau bébé, changer de job ou de conjoint, publier une nouvelle loi, est aussi inefficace que de boucher les trous d’une passoire en espérant qu’elle puisse servir de casserole.

Il y a des vrais messages derrière les crises.
Les ignorer, c’est prendre le risque qu’elles soient de plus en plus violentes et meurtrières.

La Maison dieu nous signale que quelque chose qui était enfermé à l’intérieur a besoin de sortir.

Cette explosion, quand elle vient de l’intérieur, quand elle est choisie, peut se manifester par un besoin de rupture, de séparation, une envie de partir, de voyager, de révéler quelque chose du véritable soi. Quand nous initions la rupture, alors nous sommes actifs. Le choc est brutal, certes, mais nous sommes aux commandes. C’est ainsi que de font toutes les prises de conscience qui nous donnent le courage et la force de changer de paradigme en laissant jaillir un besoin de vérité et d’authenticité.

En revanche, quand elle vient de l’extérieur, quand elle s’impose à nous, cette explosion nous tombe dessus comme un « coup de foudre » catastrophique. Quand nous la subissons, nous sommes des « passifs ». Le choc est d’autant plus brutal que nous n’avons rien voulu voir. C’est l’imposteur qui est démasqué, c’est l’horreur qui nous explose à la figure, c’est le virus qui s’infiltre dans nos poumons.

La planète Terre est sous le choc. Elle retient son souffle… Qu’est-ce qui va émerger de sa prochaine grande expiration ?

Ici, le choix nous est donné…

Les cartes sont entre nos mains. Est-ce le jeu qui compte, ou la façon dont va les jouer ?

Remettre le couvercle sur la marmite et repartir pour un nouveau cycle jusqu’au prochain débordement… Ou profiter de l’occasion que nous offre l’univers pour commencer à guérir nos blessures individuelles et collectives.

Dans le premier cas, nous n’allons faire que traverser l’ombre en nous abritant derrière nos masques dans l’espoir d’être épargnés. Au milieu de ce grand théâtre, certains joueront les héros et feront parler d’eux le plus possible, telle la classe politique qui, à l’unanimité, choisit de maintenir le 1er tour des élections municipales suivis de tous les porte-serviettes qui s’agitent comme des guignols sur les marchés ; quand d’autres seront véritablement héroïques : Applaudissons nos vrais héros !

Les vrais héros ne sont-ils pas ceux qui mettent en péril leur vie pour sauver la nôtre ? Les caissières des supermarchés « sans masque », les pharmaciens, les pompiers, les policiers, nos médecins, nos chirurgiens, les guérisseurs qui oeuvrent en silence et ces milliers de bénévoles qui oeuvrent dans l’ombre sans attendre de la reconnaissance ou un titre en remerciement, ces artisans qui fabriquent des masques dans l’urgence pour pallier les carences de nos gouvernants, toutes les mères célibataires qui doivent parfois jouer le rôle de père et font du mieux qu’elles peuvent avec les moyens qu’elles ont, et tous les magiciens et magiciennes que j’oublie certainement…

Dans le second cas, si chacun à notre niveau, nous voulons profiter de l’occasion pour nous renouveler, alors quelque chose de nouveau va pouvoir sortir de la tour.

Chacun à titre individuel, nous pouvons peut-être nous poser la question suivante :

Qui étais-je dans l’obscurité de la tour ?

Maître de quoi ?

De quel paraître ? De quel pouvoir illusoire ? De quel costume défensif me suis-je affublé ? De quel faux-self ?

Alors que je risque de perdre mon souffle de vie, que les miens sont suspendus entre ici et là-bas, qui ai-je envie d’être ? Qui suis-je ?

Qui parmi nous peut dire qu’il est un homme accompli ? Ne sommes-nous pas des moitiés d’homme, à moitié sortis de l’œuf, en perpétuel ajustement entre les diktats du monde extérieur et notre réalité intérieure.  Ne sommes-nous pas coincés entre les caprices de nos désirs conditionnés et les besoins de notre âme prisonnière ?

Entre notre sentiment d’impuissance et la toute-puissance de certains, cette crise ne nous offre-t-elle pas l’occasion de faire émerger le 3ème terme ?

Tout ce qui pousse un homme à mentir, trahir, manipuler, aboyer, menacer, relève de l’obscurité de la tour.

Tout ce qui va donner de la puissance à l’espoir, la loyauté, la générosité, la solidarité, l’amour, la vérité, la fertilité, la prospérité va participer à une réalisation créative.

Elle suppose pour chacun de trouver sa place. Elle suppose d’être fidèle à soi. Elle suppose de contacter cet endroit à l’intérieur de soi dans lequel notre force individuelle prend sa source. Cette force est notre seule chance de stimuler la confiance nécessaire au véritable changement.

Cette crise n’est-elle pas une chance de changer nos habitudes, d’imposer au monde un autre paradigme, de remettre en cause nos croyances limitantes sur nous-mêmes, ces croyances qui nous font croire que sans un compte en banque gonflé à bloc, un certain statut social et un sourire artificiel, nous ne sommes rien.

Quand vous la sentirez rugir en vous, cette force laissera jaillir la simplicité, l’humilité et l’authenticité. C’est alors que pourra émerger votre vraie nature.

Si le chemin d’individuation est  » le chemin », celui sur lequel nous avons une chance de donner un sens à notre vie, quel premier pas auriez-vous envie de faire, là tout de suite ?

On dirait que c’est le moment d’accoucher… de notre Graal !

Très sincèrement et confinement vôtre…

Valérie Pharès
www.valeriephares.com

 

#coronavirus #responsabilite

Sources: La voie du Tarot d’Alexandre Jorowsky