J’ai appris que l’on peut avoir beaucoup parlé sans avoir jamais été véritablement entendu.
Je me suis spécialisée dans l’accompagnement des traumatismes complexes en mesurant les défis particuliers qu’ils posent au travail thérapeutique.
Grandir auprès de figures d’attachement effrayantes ou effrayées, absentes, imprévisibles, négligentes ou violentes peut laisser une insécurité profonde. Lorsque des expériences insupportables sont restées sans mots et sans possibilité d’être élaborées, l’enfant apprend à se protéger au cœur même du lien dont il dépend.
Ces manières de survivre peuvent continuer à agir bien après que le danger a disparu : dans le rapport à soi, aux autres et au corps. Le travail thérapeutique vise alors à intégrer ce qui n’a pas pu l’être, afin que le passé ne demeure pas la seule forme possible du présent.
Ce n’est pas avec le traumatisme qu’il faut en finir, mais avec ce qui nous enferme dans sa répétition.
Mon parcours
Mon parcours, d’abord comme avocate, puis dans la psychothérapie et le psychotraumatisme, a façonné une attention particulière aux histoires de vie complexes, aux blessures d’attachement et aux impasses relationnelles.
J’ai longtemps cru avoir quitté un métier pour un autre. En réalité, j’ai surtout déplacé mon lieu d’accompagnement : du conflit visible à ce qui, plus intimement, peut le nourrir.
Car nous ne réagissons pas toujours seulement à ce qui se passe aujourd’hui. Certaines situations réveillent des blessures plus anciennes : se sentir trompé, rejeté, utilisé, ne pas compter, ne pas avoir su se protéger ou poser ses limites. La relation présente peut alors se charger de toute l’intensité de notre histoire.
Le travail thérapeutique permet de déplacer le regard : ne plus seulement chercher ce que l’autre fait ou ne fait pas, mais comprendre aussi ce que la relation vient toucher en soi.
Approfondir la conscience de soi aide alors à mieux distinguer ce qui vient de notre histoire, ce que l’autre apporte dans la relation et les schémas qui tendent à s’y répéter. C’est ce qui permet, peu à peu, de construire des relations plus libres, plus conscientes et plus ajustées.
Ma pratique
Ma pratique est intégrative, d’orientation jungienne et gestaltiste. La parole y tient une place essentielle, sans être la seule voie du travail thérapeutique.
J’accorde également une attention particulière à ce qui se manifeste dans le corps : sensations, tensions, réactions, respiration, émotions. Lorsque cela est pertinent, ce travail peut être soutenu par des approches psychocorporelles, notamment la relaxation ou la sophrologie. Elles permettent d’approcher ce qui ne trouve pas toujours les mots, de renouer progressivement avec ses sensations et de restaurer davantage de sécurité et de continuité entre le corps, les émotions et la pensée.
Éthique et cadre de pratique
Ma pratique s’inscrit dans un cadre de confidentialité, de respect de la personne et de ses choix. Elle fait l’objet d’une supervision professionnelle, qui me permet de mettre au travail les situations cliniques et de maintenir le recul nécessaire à l’accompagnement. Je poursuis également une formation continue et, lorsque la situation le nécessite, je travaille en lien avec d’autres professionnels.