Biographie

On se sent bizarre quand quelqu’un vous dévoile, des années de viol, surtout quand on a soi-même parcouru le chemin. « Pâtir n’est pas compatir », comme dirait Christine Delphy et donc, à mon avis, on se sent autrement bizarre devant la révélation si on n’a pas l’expérience de l’inceste car « aucun degré d’empathie ne peut remplacer l’expérience »[1].


 

Ce qui nous fracasse, ce n’est pas l’inceste, c’est l’abîme dans lequel nous poussent la folie familiale, le déni sociétal et l’absence de condamnation pénale.

Parce que l’inceste est un traumatisme, qui avec les tortures et les actes de barbarie, entraînent le plus de conséquences psycho-traumatiques graves et durables, il est impossible de devenir soi et de se réaliser dans ce que nous avons de plus personnel et de plus rebelle, sans passer par une re-construction identitaire.

Si devenir soi est la quête de toute une génération, devenir femme après l’inceste commence par la compréhension d’une mécanique infernale qui vise à nous détruire en tant qu’individu.

Quand les premières expériences de la sexualité se font à l’ombre de l’inceste, elles détruisent le sujet à la source même de l’individuation: le corps.

Quand les violences sont infligées par un proche et sont couvertes par le reste de la famille, elles portent atteintes à ce qu’il y a de plus fondamental : les liens.

Quand la violence du traumatisme déclenche une mémoire traumatique et des phénomènes de dissociation, elle fait effraction dans l’espace psychique.

Meurtre du corps, meurtre des liens, meurtre de soi, « l’inceste est tout, sauf une violence sexuelle comme les autres…/… L’inceste est un génocide identitaire. »[2]

Comment cheminer vers soi quand des violences sont venues toucher les trois dimensions du processus de constitution d’un être humain ? Comment retrouver confiance en soi, en l’autre, en la vie ?

S’il faut dépasser la loi du silence pour trouver sa propre loi, sans tomber dans le piège des idéologies que véhiculent le développement personnel et ses recettes de cuisine, s’individuer après l’inceste, c’est-à-dire redevenir un sujet libre et autonome, est un long chemin. Le psychiatre américain Scott Peck appelait ce chemin, le chemin le moins fréquenté. Carl Gustave Jung l’appelait le chemin d’individuation.

S’il y a mille et une façons de vivre avec le traumatisme de l’inceste, il y a autant de possibles de se libérer de son emprise.

L’alliance des pratiques psychocorporelles, de la psychologie jungienne et d’une compréhension claire des mécanismes associés à la mémoire traumatique ont été, pour moi, des voies royales vers la liberté d’être soi.

Avec cette triple alliance, nous pouvons explorer notre monde intérieur tel un acteur découvrant les coulisses du théâtre de sa vie.

Là où les pratiques psychocorporelles favorisent le rapport au corps, la psychanalyse jungienne permet un dialogue avec l’inconscient d’une richesse et d’une profondeur inégalée.

La psychologie jungienne a la particularité de nous faire traverser l’ombre de l’inceste comme un voyage initiatique dont le thérapeute est le partenaire privilégié. Persona, anima, animus, soi, archétypes… autant de concepts jungiens qui nous éclairent sur nos attitudes, nos comportements et les répétitions de nos vies.

De l’inceste à l’incestuel, en passant par des décennies d’amnésie, de phobies et de dissociation traumatique, le chemin d’individuation jungien a ainsi donné du sens à l’indicible et fait naître un désir de devenir thérapeute.

Un psy, qu’il soit psychanalyste, psychologue ou psychothérapeute est un partenaire privilégié du processus d’individuation. Quelles que soient ses connaissances et son orientation, l’essentiel réside dans le lien que nous allons tisser avec lui.

Rentrer en thérapie, c’est passer du côté de l’être.
L’être, c’est avant tout une histoire, un vécu et des expériences de vie.

Parce qu’au-delà du savoir et de l’aide que nous venons chercher en thérapie, nous commençons avant toute chose par donner notre confiance, il est essentiel de nous sentir autorisée, soutenue et comprise dans chaque mot prononcé et dans chaque émotion exprimée, sans nous sentir jugée, gênée ou perturbée.

Oui, je crois que la résilience est possible.
Oui, je crois que nous pouvons sortir des répétitions.
Oui, je crois que la psychothérapie est un partenaire privilégié de la résilience.

J’exerce en libéral à Paris et à Cannes, auprès des femmes qui souhaitent retrouver leur liberté d’être elles-mêmes, de s’exprimer et de vivre tout simplement.

Chaleureusement,

Valérie Pharès

 

[1] Dorothée Dussy , Le berceau des dominations- Anthropologie de l’inceste

[2] Docteur Hélène Romano

 

 

Mes formations:
Psychopraticienne ( Savoir Psy)
Coach en Psychologie Positive ( Positran)
Formée  aux techniques de la Gestalt thérapie, l’hypnose, la relaxo-thérapie, la PNL.
Avocate de formation initiale (Paris X & Cour d’Appel de Paris)