Éloge du couple à l’heure du confinement

31/03/2020

Seuls ou en couple, heureux ou tristes, au bord de la rupture ou séparés, depuis le jour de la sainte Bénédicte, croyants ou non, nous avons tous été frappés par la colère des Dieux.

Confinés dans notre vie telle que nous l’avons construite, pour une durée indéterminée, il n’est plus possible de fuir, d’ignorer, de sous-estimer la réalité. Elle nous a tous rattrapés. C’est le moment de s’interroger, confirmer ou reconsidérer nos vérités intérieures.

« Si tout le monde n’a sans doute pas la vocation de dédier sa vie à la philosophie, tout le monde peut amorcer une réflexion philosophique authentique. » Sacha Carlson

 Entre la pile de linge, les insatisfactions et les jérémiades, les réunions avec Zoom et l’école à la maison, le confinement met tout le monde à rude épreuve…

A deux, ou dans la solitude. Une situation qui pèse, qui console, ou qui distrait. Un sentiment d’isolement, de repos ou de résurrection. Tout nous revient en boomerang.

Et le couple dans tout ça ?

Il ne s’agit plus de briser le cercle de la routine mais de vivre dans une immobilité que nous n’avons pas choisie avec quelqu’un que nous avons, plus ou moins, choisi.

Difficile d’occulter ce qui nous sépare ou ce qui nous rassemble. C’est la fièvre du moment, comme le dirait Philippe Besson.

Certains sont au bord du précipice et se crispent, d’autres font le dos rond et hésitent entre le salon et la cuisine, certains se réinventent et quelques-uns cultivent l’art de s’aimer « pour le meilleur et pour le pire ».

Les couples meurent de n’avoir rien à se dire, écrivait Simone de Beauvoir. Comme ils sont beaux ces couples éternels dont les regards se parlent en silence… se caressent et se déshabillent dans une absence d’exigence. A l’heure du confinement, ces merveilleux amoureux ne se contentent pas de vivre ensemble, ils savent comment jouer ensemble à « tout est possible ».

Les couples heureux ont pour eux cette volonté de durer qui dépasse le seuil de la porte de la maison. Ils traversent la vie comme de véritables amis, sourient aux épreuves comme aux tentations, résistent au fantasme d’une herbe plus verte et laissent à l’imaginaire la douceur d’un baiser volé, d’une chute de reins ou d’un caprice enfantin. Ils voient dans l’insatisfaction, la frustration ou la diversion une occasion de ne pas avoir à contempler leur défaite.

Quand une voiture tombe en panne trop souvent, certains la remplacent, d’autres la réparent, et d’aucuns se demandent si la panne ne vient pas de leur façon de conduire… A ces derniers, Jean Paul Sartre a dû envoyer un petit sms : « La facilité, c’est le talent qui se retourne contre nous. »

L’amour a un prix, écrivait Clarissa Pinkolà Estès, celui du courage. Car la route est longue….

 « On sort d’une phase de l’amour pour rentrer dans une autre. La passion meurt, revient. La douleur chassée, s’enfuit et refait surface. Aimer, c’est étreindre, tout en supportant maintes fins et maints commencements dans la même relation amoureuse. »

« Aimer, cela veut dire, rester avec. Cela veut dire émerger d’un monde de fantasme pour entrer dans un univers où un amour durable est possible, face contre face, os contre os, un amour tout de dévotion. Aimer, c’est rester.

Qu’est-ce qui meurt en réalité, et qui nous fait briser une relation ?

Les illusions, les attentes, le désir de tout posséder, de n’avoir que la beauté des choses.
Tout ceci meurt avec le temps.
Parce que l’amour provoque toujours une descente dans la nature de ce qui meurt, nous comprenons pourquoi s’engager dans l’amour nécessite un soi puissant et un « avoir de l’âme ». »

Un Soi puissant… Un « avoir de l’âme » …

 « Lorsqu’on s’engage en amour, on s’engage à revivifier ce qui va inévitablement mourir à travers des cycles de vie… On passe alors à un type de relation plus sérieux, où l’on doit faire appel à tous ses talents, à toute sa sagesse. »

Faire appel à tous ses talents… A toute sa sagesse…
Ne parle-t-on pas ici des pouvoirs de l’âme ?

L’amour, s’il ne transpire que dans l’étreinte n’est pas de l’amour mais une île sans soleil.

A quel point transpirez-vous ?

« L’énergie, l’émotion, le sentiment de proximité, la solitude, le désir, l’ennui, tout cela se suit selon des cycles relativement proches. On a envie de se rapprocher de quelqu’un, puis de se séparer et ainsi de suite. Non seulement la nature Vie/Mort/vie nous apprend à effectuer ces figures de danse, mais elle nous enseigne qu’il faut chercher la solution au malaise dans son contraire. A l’ennui le remède d’une action nouvelle, à la solitude le remède du rapprochement avec l’autre, à l’impression d’être étouffé le remède de la solitude. »

Se lancer dans l’amour, c’est devenir un bâtisseur de cathédrale. Nous passons des années à édifier, bâtir dans la confiance, partager des rêves, apaiser nos peurs… chaque étape nous rapprochant un peu plus de la guérison des « blessures archaïques ».

C’est dans cette guérison que l’âme peut commencer à faire son travail. Dès lors que nous lui ouvrons la porte, elle peut vibrer, danser, ressusciter et nous conduire vers le chemin qui mène à soi.

« Si l’on ne connaît pas cette danse-là, on a tendance en période de calme à manifester son besoin d’action et de nouveauté en dépensant trop d’argent, en affrontant le danger, en effectuant des choix périlleux, en se lançant dans une nouvelle liaison. C’est l’attitude qu’adoptent ceux qui ne savent pas… »

 Bien sûr, il est parfois temps de mourir à une histoire d’amour ou de la faire mourir, mais on oublie souvent le troisième terme : utiliser les grands bouleversements pour « faire naître une nouvelle vie où les âmes de deux amants se mêlent enfin. »

Il y a une chose qui est sûre, c’est que les changements bouleversants, les révolutions et les révélations du pire comme du meilleur sont là pour nous montrer ce qu’aimer et s’aimer veut dire.

Elles sont là pour faire résonner cette phrase légendaire de Montaigne parlant de La Boétie : Parce que c’était moi, parce que c’était lui…

« C’est le cœur qui nous permet d’aimer à la manière d’un enfant, pleinement, sans réserve d’aucune sorte, sans nuance de sarcasme ou de mépris.

Le cœur, c’est le symbole de l’essence…/… L’homme qui donne son cœur se change en une force stupéfiante…/…  Il inspire de nouvelles œuvres en lui, ainsi que dans son entourage. »

Le printemps est là, et il va être là longtemps…

 

Si vous souhaitez amorcer une réflexion philosophique maintenant, demain ou le jour suivant, j’ai le plaisir de vous offrir une séance d’hypnose dédiée, sur la chaîne YouTube de Possible :https://youtu.be/pdHq0ee2yTY

Quelle que soit votre situation, je ne sais pas ce que cette séance va vous révéler d’essentiel, mais ce que je sais, c’est qu’elle va ouvrir une porte… et je suis curieuse de savoir laquelle ?

 

« Connais-toi toi-même, et tu connaîtras… »

 

Très sincèrement

Valérie Pharès

#amour #confinement #toutestpossible #philosophie